Petite mythologie: la mort

Cet article fera l’objet d’une chronique «Petites mythologies» dans l’émission Assemblage Requis. Il est présenté ici tel qu’il a été publié sur le blogue de Martin Bertrand, La lecture ou la vie.

Phénomène aux répercussions multiples, tant sociales qu’individuelles, la mort est une réalité incontournable de la vie humaine. On en dit même qu’elle est la seule justice sur terre. Il ne viendrait à l’idée de personne d’en remettre en cause la réalité, ce qui n’est pas non plus ici notre prérogative. Comme phénomène symbolique, pourtant, ses représentations ont bien évoluées avec les siècles, pour être, avec notre post-modernité, quasiment évacuées du champ symbolique.

Dans l’Antiquité et dans les époques qui suivirent, la mort était vécue comme une réalité intime. Ainsi, les Romains avaient-ils l’habitude de visiter les catacombes afin de rendre hommage à leurs morts. Les Chinois, eux, vouaient un culte aux ancêtres, qu’ils percevaient comme ayant un rôle à jouer dans le monde des vivants et pouvant communiquer avec eux de diverses façons. Le confucianisme a d’ailleurs renforcé ces pratiques puisqu’il prêchait la piété familiale.

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Martin Bertrand présente sa chronique «Petites mythologies» à Assemblage Requis.

Petite mythologie: l’adolescence

Cet article fera l’objet d’une chronique «Petites mythologies» dans l’émission Assemblage Requis. Il est présenté ici tel qu’il a été publié sur le blogue de Martin Bertrand, La lecture ou la vie.

Il est de ces phénomènes que l’on croit intemporels puisqu’on nait à une certaine époque et que lesdits phénomènes nous préexistent. Parmi ces phénomènes que l’on croit venir du moment où l’homme apparut sur terre, il y a l’adolescence. Serait-on surpris d’apprendre que ce passage n’existe pourtant que depuis un siècle à peine.

S’il existe bel et bien un moment où l’homme (et la femme) connaissent une période de changement corporels profonds dus à la puberté et que ceux-ci s’accompagnent inévitablement de variations dans l’humeur que toutes les sociétés précédentes ont eu à endurer, l’on ne faisait pourtant pas à l’époque affaire à l’adolescence telle qu’on la voit aujourd’hui, avec ses moeurs propres, son langage et ses rituels séparés.

En fait, la plupart des peuples qui nous ont précédés incluaient les jeunes d’environ quatorze ans dans la société des adultes. Ils y avaient leur place et y participaient au même titre que les leurs aînés. Là-dessus, l’arrivée de la scolarité obligatoire aura tôt fait de les isoler et de créer dans ce groupe d’âge une sorte de société dans la société qui vite adoptera ses codes et, même, son langage.

Mais le moment qui sera crucial pour créer l’adolescent modernis est l’avènement du phénomène de la consommation de masse qui a suivi la deuxième guerre mondiale et atteint son apogée à l’ère des médias de masse. Dans ce monde de l’image, on propose aux adolescents une pléthore de modèles qui n’ont de commun que leur aspect transitoire, étant invariablement tributaires d’un phénomène de mode. Ces modèles, basés sur le paraître, sont immanquablement des simulacres, suffisamment parlants afin que les jeunes s’y sentent rejoints et caractéristiques afin qu’ils y trouvent un modèle qui les distinguent, donc auquel ils peuvent s’identifier. On sait en effet l’importance que prend l’identification à un groupe de pairs à ce moment de la vie.

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Martin Bertrand présente sa chronique «Petites mythologies» à Assemblage Requis.